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Malgré...

Malgré...
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Depuis que je suis loin de toi, je suis comme loin de moi. Et je pense à toi là-bas. Oui, j'ai le mal de toi parfois. Même si je ne le dis pas. Je pense à toi tout bas. Oui c'est comme ça, il y a des jours où l'on ne vit pas. C'est comme ça, il y a des jours où rien ne va, des jours de plein soleil où l'on a si froid que les pauvres joies vous glissent entre les doigts. Puis on voudrait revenir à la page où l'on aime mais la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts.








"Un jour je suis morte. J'ai eu du mal à m'en remettre. Je ne m'en remets pas, en vérité. Je ne l'ai pas su tout de suite. Que j'étais morte. Les signaux sont apparus petit à petit. On ne peut pas accepter une chose pareille d'emblée. C'est intenable.D'une seconde à l'autre, tout a changé. Le présent, l'avenir, la couleur du ciel, la couleur de mes yeux. La couleur. La simple couleur. Ma vie continue pourtant. En gris, sans constrastes, d'une manière étale. Rien de saillant, aucun évènement à souligner, à mettre en gras. Autrefois on disait ça de l'écriture, les pleins et les déliés. Je suis déliée. Les pleins, c'est pour les autres. Je ne connais pas le plein. Les pleins sont devant, je suis derrière, je viens après, en mince filigrane. Si le soleil est la vie, je suis la lune. On m'entrevoit de nuit, si le soleil le veut bien. Je n'ai pas d'exigence propre. Je récolte les restes d'énergie gaspillée autour de moi. Ne croyez pas que cette existence parallèle soit pénible. J'ai, comme les autres, des moments heureux. Des moments joyeux, qui ont toute l'apparence du bonheur. A me regarder, on pourrait m'envier. Je ris, j'ai les joues roses, je bronze, je m'enivre, j'invente mais ça ne sert à rien, puisque je suis morte.Ce que je produis ne s'inscrit nulle part, ni ne peut être retenu, fixé. On passe à travers moi comme un nuage."



Macha Méril, Un jour je suis morte.



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# Posté le mercredi 20 février 2008 12:59

Modifié le mercredi 27 février 2008 08:12

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